Prenez bien connaissance de l'acte de caution
Vous y trouverez certains termes qu'il vous faut bien
identifier : vous êtes la "caution" ; la personne
pour laquelle vous vous portez caution est le "débiteur"
; le propriétaire-bailleur est le "créancier".
L'engagement de la caution doit être écrit
- Dans la pratique, l'acte de caution est le plus souvent établi
"sous seing privé", c'est-à-dire signé directement
entre le bailleur et celui qui apporte sa caution.
Votre caution peut figurer sur le bail, ou en annexe, plutôt que
dans un acte séparé : ainsi, vous aurez une meilleure connaissance
des obligations du locataire que vous cautionnez.
- L'acte de caution peut aussi être établi par un notaire,
sous sa responsabilité : c'est alors un acte authentique. Le notaire
vous informe et vous conseille sur l'engagement que vous allez prendre.
- Dans tous les cas, demandez et conservez un exemplaire de l'acte de
caution que vous avez signé, s'il s'agit d'un acte sous seing privé,
ou une copie notariée, s'il s'agit d'un acte authentique.
Le bailleur doit vous remettre un exemplaire du contrat de location.
L'acte de caution doit obligatoirement comporter, écrit
de la main de la caution :
- Le montant du loyer et les conditions de sa révision qui figurent
dans le bail.
- Vous mentionnez une somme maximale (principal, intérêts,
frais et accessoires compris) au-delà de laquelle vous ne cautionnerez
pas ; même si la dette est supérieure, il ne pourra vous être
réclamé un montant plus élevé.
- Vous ne mentionnez pas de montant maximum : votre engagement est alors
plus étendu et non chiffrable. Chaque année, le bailleur
doit vous informer de l'évolution de votre garantie. A défaut,
vous ne serez pas tenu au paiement des accessoires, frais et
pénalités.
- Une mention exprimant clairement que vous avez connaissance de la nature
et de l'étendue de votre engagement.
- La reproduction de l'article 22-1 de la loi du 6.7.89 (alinéa
1)
"Lorsque le cautionnement d'obligations résultant d'un contrat
de location conclu en application du présent titre ne comporte
aucune indication de durée ou lorsque la durée du cautionnement
est stipulée indéterminée, la caution peut le résilier
unilatéralement. La résiliation prend effet au terme du
contrat de location, qu'il s'agisse du contrat initial ou d'un contrat
reconduit ou renouvelé, au cours duquel le bailleur reçoit
notification de la résiliation".
Quelle est la durée de la caution ?
Si vous vous engagez pour une durée déterminée (par exemple, la durée du bail initial ou en cours, sous réserve
qu'elle soit précisée clairement) : vous ne pourrez pas
retirer votre caution avant le terme prévu.
Vous pouvez prévoir par écrit, que certains événements
mettront fin à votre caution : par exemple, le divorce des époux
que vous cautionnez ou le décès du locataire.
Si le bail du locataire se poursuit alors que votre engagement de caution
est expiré, vous êtes dégagé de vos obligations
pour les sommes dues postérieurement à cette date, à moins
que le bailleur ne vous ait demandé de signer un nouvel acte
de caution.
- Si vous vous engagez pour une durée indéterminée ou non précisée (exemple : la durée du bail sans
précision de durée), vous pouvez retirer votre caution à tout
moment ; toutefois, elle ne prendra fin qu'à l'expiration du bail
en cours, qu'il s'agisse du bail initial, renouvelé ou reconduit,
au cours duquel le bailleur aura reçu votre notification de résiliation.
Vous serez donc tenu pour les sommes dues jusqu'à l'expiration
du bail.
- Afin d'éviter tout litige, vous avez intérêt à notifier
le retrait de votre caution de bailleur, par lettre recommandée
avec accusé de réception.
- Si vous ne vous manifestez pas avant l'expiration du bail en cours
: vous êtes engagé jusqu'à la fin de la période
qui fait suite au bail en cours, c'est-à-dire jusqu'à la
fin du bail renouvelé ou reconduit.
- Votre caution ne peut être refusée par le propriétaire au motif que vous n'avez pas la nationalité française ou que vous résidez en dehors du territoire métropolitain.
La personne que vous avez cautionnée ne rembourse pas sa dette 
- Si le créancier de la personne pour laquelle vous vous êtes
porté caution est un professionnel, il doit vous informer dès
le premier impayé non régularisé dans le mois de
son exigibilité.
- Dans tous les cas, à partir de la date à laquelle il
a signifié un commandement de payer au locataire, le bailleur
ou son représentant a quinze jours pour vous signifier ce commandement.
- Si ces obligations ne sont pas respectées, vous ne serez pas
tenu de payer des pénalités ou intérêt de
retard.
- Vous bénéficiez des délais de paiement accordés
au locataire, le cas échéant.
| Plusieurs situations sont alors
possibles, en fonction de la nature de votre caution et du nombre
de personnes qui se sont portées caution : |
Vous êtes caution simple :
- Le bénéfice de discussion vous permet de demander au bailleur
de poursuivre directement sur ses biens, la personne que vous avez cautionnée.
Vous ne serez alors tenu de payer que si le débiteur est insolvable
ou si les poursuites contre lui échouent.
En revanche, si l'acte de caution comporte une clause par laquelle
vous renoncez au bénéfice de discussion, le bailleur
pourra s'adresser à vous avant même d'avoir effectué des
poursuites contre le locataire que vous cautionnez.
- S'il y a plusieurs cautions (renseignez-vous auprès du créancier)
: vous ne serez poursuivi que pour une part de la dette et le montant
total sera réparti entre les différentes cautions, à moins
que vous n'ayez renoncé au bénéfice de division.
Vous êtes caution solidaire :
- Vous vous êtes engagé au même titre que la personne
que vous cautionnez ; le créancier peut à son choix s'adresser à l'un
ou l'autre.
Vous pouvez être poursuivi pour toute la dette dont le débiteur
est redevable, dans la limite des sommes pour lesquelles vous vous êtes
engagé.
- S'il y a plusieurs cautions, chaque caution peut être poursuivie
pour l'ensemble de la dette, ou seulement la plus solvable, au choix
du créancier.
Vous bénéficiez ensuite d'une action
directe contre le débiteur :
Vous pouvez le poursuivre par tous les moyens légaux,
vous disposez des mêmes droits à son encontre que le créancier
initial.
Quels sont les biens concernés par l'acte de caution 
La caution que vous avez donnée engage tous
vos biens personnels, vos revenus, salaires ou pensions, ainsi que votre
logement s'il vous appartient ; vous pourriez être privé de
la majeure partie de vos ressources (sauf d'un minimum égal au RMI).
Mesurez donc bien les conséquences financières
de votre engagement par rapport à votre patrimoine :
- Si vous êtes marié sans contrat, sous le régime
légal, le créancier exigera probablement que votre conjoint
donne son consentement exprès à l'acte de caution : dans
ce cas, vos biens personnels et les biens communs du ménage, notamment
le logement de la famille, s'il dépend de la communauté,
sont engagés.
Les biens personnels de votre conjoint seront en principe épargnés
: par sécurité, il est conseillé de le préciser.
- Si votre conjoint ne donne pas son accord exprès, seuls vos biens
personnels et vos revenus sont engagés.
Vous ne pouvez faire face à votre engagement
de caution :
- Vous pouvez demander au juge des délais de paiement.
- Vous pouvez, sous certaines conditins, saisir la commission départementale
d'examen des situations de surendettement.
- Si le débiteur pour lequel vous vous êtes porté caution
dépose lui-même un dossier à cette commission, votre
cautionnement doit être déclaré à la commission
par le créancier qui doit aussi indiquer si votre caution a été engagée.
La commission qui constate votre cautionnement doit vous informer
de l'ouverture de cette procédure et vous pourrez lui faire connaître
vos observations.
La fin de la caution 
L'engagement de la caution prend fin en principe :
- au terme prévu dans l'acte de caution, si celui-ci a fixé une
durée déterminée.
- à l'expiration du bail au cours duquel vous avez résilié votre
engagement si la durée de ce dernier n'était pas précisée.
- au remboursement total de la dette par le débiteur principal.
- au décès du débiteur garanti, si le contrat
principal disparaît avec lui.
- à votre décès si l'acte le prévoit ; dans
le cas contraire, vos héritiers sont en principe tenus de payer.
| Si vous choisissez de ne pas prendre le risque de
vous porter caution, indiquez au locataire qu'il peut recourir soit à une
garantie Loca-pass du 1 % logement, soit à une garantie du
Fonds de Solidarité Logement du département, ou à défaut, à une
caution financière ou mutelle : l'ADIL l'orientera vers les
spécialistes appropriés. |
| Les informations qui figurent sur cette page concernent
les cautions données à compter du 31.7.98 pour les
locations de logements soumises à la loi du 6.7.89. |
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